Société

Avortements non sécurisés, une cause majeure d’infertilité

33% des femmes de 20 à 24 ans décèdent après un avortement à risque.

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Une étude réalisée en 2017 au Cameroun a établi que plus de 33 % de jeunes filles âgées entre 20 et 24 ans perdent la vie à cause d’un avortement à risque. Ce taux chute à 24 % pour celles dont l’âge oscille entre 25 et 29 ans. C’est ce qu’affirme Annie Hortense Atchoumi, la présidente de l’Association des sages-femmes et assimilées du Cameroun. 

A l’Hôpital central de Yaoundé, l’on annonce recevoir quotidiennement trois à quatre cas de complications suite à des avortements non sécurisés. Selon les praticiens, la situation ne fait que s’amplifier. Au point qu’il s’agit désormais de l’une des principales causes d’infertilité et de mortalité chez la femme dans ce pays. 

Sur le plan médical, un avortement clandestin est un avortement à risque et expose à de nombreuses complications. Notamment des infections très graves avec perforations digestives. Parfois pour sauver la patiente, l’on a recours aux mutilations d’organes. Et lorsque la femme ne perd pas la vie, elle peut se retrouver avec des difficultés à procréer. 

Ce que dit la loi

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit l’avortement comme une interruption spontanée ou provoquée de grossesse avant vingt-deux semaines ou l’expulsion d’un fœtus de moins de 500 grammes. Au Cameroun, la période de viabilité est fixée à vingt-huit semaines, compte tenu du plateau technique. L’interruption illégale de la grossesse étant punie au Cameroun.

D’après l’alinéa 1 de l’article 337 du Code pénal, « est punie d’un emprisonnement de 15 à un an et d’une amende de 5000 à 200 000 francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, la femme qui se procure l’avortement à elle-même ou qui y consent ». L’alinéa 2 quant à lui, stipule qu’est « puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 100 000 à deux millions de francs CFA, celui ou celle qui, même avec son consentement, procure l’avortement à une femme ».

Les peines de l’alinéa 2 sont doublées à l’encontre de toute personne qui se livre habituellement à des avortements ou qui exerce une profession médicale ou en relation avec cette profession. La fermeture du local professionnel et l’interdiction d’exercer sont aussi prévus par la loi. L’avortement étant donc illégal au Cameroun, elles sont nombreuses à recourir à la clandestinité. Mais, au regard des forts taux de mortalité et d’infertilité, les sociétés des obstétriciens et des gynécologues militent pour la promotion d’un avortement sécurisé.

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