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Lifestyle

Barakah: le marchandage du bonheur au Maroc

Cela s’illustre en particulier dans la commercialisation d’une tradition séculaire: le tatouage au henné.

Agnès Ratsimiala

Publié il y a

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Au Maroc, comme partout dans le monde, le bonheur est devenu un bien de consommation à vendre. Cela s’illustre en particulier dans la commercialisation d’une tradition séculaire: le tatouage au henné. À l’origine, les femmes s’en parent les mains lors des grands événements, comme les mariages ou les naissances. De génération en génération, le tatouage est une bénédiction qui porte chance et prospérité dans les familles. Une manière de souhaiter « la barakah », l’abondance.

Mais, à Marrakech, c’est surtout devenu une expérience à vendre à la va-vite aux touristes. Quitte à vider la coutume de son sens, en faisant une pose de produits peu recommandés pour la peau à des prix « à l’occidentale ». Miriam explique qu’il faut bien payer le coût de la vie qui augmente. Elle s’installe six heures à sept heures par jour sur la place Jamaâ El-Fna pour ce travail.

À ses clientes espagnoles, françaises ou russes, elle promet le succès et le mariage, si elles sont célibataires. Grâce à cette activité, elle nourrit toute sa famille. Si les motifs proposés sont rapides, jolis, glitters, c’est tout autre chose que le savoir-faire que l’on se passe entre sœurs. Ici le tatouage porte-bonheur traditionnel se transforme en tendance maquillage, davantage un ornement éphémère qu’un sacrement de longue durée. D’ailleurs, les commerçants l’avouent: pour la vraie barakah, il est préférable de s’adresser aux tatoueuses qui prennent leur temps et utilisent des produits naturels.

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