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Grossesse-Enfants

La méthode kangourou, pour améliorer la survie des bébés prématurés

Cette technique de soins permet aussi de pallier le manque de couveuses.

Olive Atangana

Publié il y a

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La méthode kangourou, pour améliorer la survie des bébés prématurés

L’image d’un jeune papa posant fièrement avec son bébé prématuré collé à la poitrine dans un hôpital de Yaoundé suscite l’admiration. L’homme vante ainsi les bienfaits de la méthode kangourou.

Cette méthode est utilisée depuis le début des années 2000 au Cameroun pour réduire la mortalité chez les bébés prématurés ou de faible poids de naissance. L’on entend par prématurés les bébés nés avant la 37esemaine de grossesse. Inspirée du kangourou,  un animal australien, la méthode a été développée à la fin des années 1970 en Colombie pour pallier le manque de couveuses et lutter contre la transmission des infections néonatales. Préconisée par l’Organisation mondiale de de la santé (OMS), particulièrement dans les pays en développement, elle apparaît désormais primordiale et incontournable.

La méthode kangourou doit se pratiquer entre quinze et dix-huit heures par jours, et elle a quatre composantes. D’abord, un contact peau à peau précoce, continu et prolongé. Ici, il s’agit de placer le nouveau-né prématuré ou en insuffisance pondérale au niveau du thorax et de l’abdomen du parent. Ensuite, un allaitement maternel exclusif. Puis encore une sortie d’hôpital précoce. Et, enfin, un soutien adéquat pour les parents et le bébé une fois à domicile. Cette dernière est d’ailleurs la composante la plus reconnue et la plus explorée.

Pour optimiser les bienfaits du peau à peau, il est recommandé que celui-ci dure un minimum de 60 minutes sans interruption, afin que le nourrisson puisse atteindre la phase du sommeil profond. C’est au cours de cette phase que le bébé grandit, récupère.

Instants privilégiés

Cette méthode réduit la mortalité, les maladies graves, les infections, la durée des hospitalisations, favorise l’allaitement maternel et renforce le lien affectif entre la mère et l’enfant. Elle favorise aussi une diminution des risques d’infections, de la douleur, du stress, des pleurs et de la durée d’hospitalisation.

Mais il s’agit tout d’abord d’un moment intime entre le parent et son bébé. Ce contact étroit avec le parent permet au nourrisson d’entendre des bruits familiers tels que les battements du cœur et les bruits des intestins de sa mère. Des sons qui lui sont très réconfortants. Elle permet aussi l’amélioration de la stabilité des signes vitaux, c’est-à-dire la stabilité du rythme cardiaque et de la respiration, une stabilisation de la saturation en oxygène.

Cependant la majorité de ces bienfaits sont liés à la durée et à la fréquence des séances de peau à peau. La méthode kangourou gagne en popularité à travers le monde. Elle n’est plus seulement limitée aux mères, elle peut également être pratiquée par les pères.

Au Cameroun où la prématurité constitue un problème de santé publique majeur. Trois nouveau-nés sur dix décèdent de suite de complications liées à la prématurité. En revanche, la méthode kangourou a déjà permis de sauver 1221 nourrissons sur les 1525 reçus dans les unités dédiées des maternités.

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